samedi 10 octobre 2009

Nous ne lirons pas


Il y a deux ans, La notaire de Patrick Nicol m'avait laissé un goût étrange. Cette fois, avec son nouveau roman Nous ne vieillirons pas, cet arrière-goût se confirme.

Voici ma chronique.

mardi 6 octobre 2009

Vie et chute d'un patriarche




« Voici l'histoire de Mimoun, fils de Driouch, fils d'Allal, fils de Mohamed, fils de Mohand, fils de Bouziane, que nous appellerons simplement Mimoun. » Toute une lignée de patriarches dont l'arrêt de mort est signé par la rébellion de Mimoun, le fils chéri.

Le dernier patriarche, premier roman de Najat El Hachmi, relate l'histoire de Mimoun, un homme violent et despote, qui défie les lois du patriarcat. Il immigre avec femme et enfants. Du Rif, au nord du Maroc, il se retrouve entrepreneur en construction en Catalogne, région méditerranéenne de l'Espagne.

L'auteure – gagnante du prix des lettres catalanes, Ramón Llull, en 2008 – réussit dans cette saga anti-épique à transmettre une part de la tradition orale berbère. En racontant certains points tournants de la trajectoire de Mimoun, le lecteur comprend les valeurs et la mentalité de ce villageois propulsé dans une société occidentale par la suite.

Fossé entre les générations et confrontation entre une société libérale et une mentalité traditionnelle : c'est dans ces eaux troubles que navigue la fille de Mimoun. Avec un humour décapant, elle met en évidence les contradictions de son père. Alcoolique et coureur de jupons, il n'hésite pas à user de violence avec sa femme et sa fille pour les obliger à être «décentes».

Comment grandir dans une famille où tout tourne autour de ce patriarche déchu ? La fille de Mimoun se rebelle elle aussi dans une ultime trahison qui posera les balises de ses premiers pas vers la libération. Roman de mœurs, roman d'initiation, Najat El Hachmi a écrit une saga dans la veine de celle des Buendia de Cent ans de solitude.

Najat El Hachmi, Le dernier patriarche, Actes Sud, 2009.

Article publié sur Toukimontréal.com 




mercredi 16 septembre 2009

Une mort inaperçue

Michel Leclerc publie à l'allure d'un métronome depuis trois ans. Son dernier roman arrive en même temps que la rentrée littéraire : Une toute petite mort.

Univers mystérieux, presque glauque. Un roman captivant.

Si vous aimez vous pouvez aussi retrouver ici ma chronique sur La fille du Prado, le roman précédent de Michel Leclerc.

Une toute petite mort.mp3

vendredi 11 septembre 2009

Les pieds sales : un Télémaque africain à Paris

« Embraye, Télémaque ! En route ! Pour toutes les raisons que tu veux ! » C'est ainsi que s'adresse en rêve Sidi Ben Sylla à son fils Askia, chauffeur de taxi togolais à Paris. L'exil, l'errance, la quête du père : trois thèmes chers à la mythologie grecque que l'on retrouve dans Les pieds sales, le second roman d'Edem Awumey. Askia, à la recherche de ce père fantomatique qui hante les rues de Paris, rappelle sans équivoque Télémaque, le fils d'Ulysse parti en quête de son père pour le ramener à Ithaque.

« Vous autres, chevaliers errants, vivez en rêvant et rêvez en vivant. » Tirée de Don Quichotte – un autre personnage mythique de l'imaginaire occidental, cette phrase rappelle à Askia le passé qu'il fuit. Ex- membre de la Cellule, une milice qui élimine des opposants au gouvernement d'un pays africain, Askia était « un chevalier à l'envers, obscur ». À Paris, il s'entoure d'Olia, photographe polonaise vivant mal son exil et de Petite-Guinée, un vieux peintre au passé trouble. Tous deux lui proposent leur aide pour retrouver Sidi Ben Sylla.

Edem Awumey, auteur togolais installé au Québec, publie là un roman complexe. Le lecteur ne peut se laisser aller, se plonger sans réfléchir dans cette lecture. Au contraire, les références littéraires foisonnent et l'aura poétique qui enveloppe le roman coupe le souffle. Tel Askia dans un Paris sinueux, le lecteur se perd allègrement dans le labyrinthe des références d'un auteur qui maîtrise les grands mythes de la littérature occidentale.

Edem Awumey, Les pieds sales, Boréal, 2009

Article publié sur Toukimontreal.com

Ryad Assani-Razaki : nouvel auteur à surveiller


Ryad Assani-Razaki, un jeune auteur d'origine béninoise résidant au Québec, publie Deux cercles, un premier recueil de nouvelles tout en finesse et en subtilité.
Onze nouvelles, plus ou moins longues, où les personnages sont des marginaux situés dans ce no man's land où s'entrecroisent deux cercles sociaux, culturels ou religieux. C'est le cas de cet homme qui ne parle pas la langue de son pays d'accueil et de celui qui revient dans son pays africain après dix ans passés en occident. C'est aussi la situation de June, cette femme ostracisée par les habitants d'un village et d'une autre dans le coma, entre vie et mort.
Entre deux est justement cette nouvelle au milieu du recueil, celle qui le divise en deux parties. Entre le cercle des vivants et celui des morts, il y a cette femme dans le coma. En conversation avec une morte, elles commentent les visites et l'état de la femme comateuse. Très originale, cette nouvelle pousse encore plus loin la présentation d'un être décalé par rapport à son entourage et à la société.
Discrimination, solitude, rejet sont quelques unes des conséquences de l'écart entre le cercle homogène où l'individu peut s'intégrer et les personnages non-conformes créés par Ryad Assani-Razaki.
Un recueil de nouvelles inégal, mais dont la finesse du propos est à admirer. Surtout venant d'un auteur qui n'a même pas trente ans.

Ryad Assani-Razaki, Deux cercles, VLB éditeur, 2009.

Article publié sur Toukimontréal.com

jeudi 10 septembre 2009

Quand le réel inspire la fiction

Francine d'Amour publie son dernier recueil de nouvelles inspirées de faits réels. Pour de vrai, pour de faux porte bien son nom puisque l'auteure entoure ses fictions de préambules et d'apostilles qui mettent en contexte les histoires du recueil.

Un recueil intéressant pour sa dissection du processus de création et d'écriture.


Pour de vrai, pour de faux.mp3

jeudi 16 juillet 2009

Une rencontre au sommet

Michael Connelly, un vétéran dans le monde des romans policiers, publie son petit dernier, Le verdict du plomb. Une rencontre au sommet : son inspecteur «chouchou», Harry Bosch, croise le chemin de l'avocat Mickey Haller, déjà vu dans La défense Lincoln.


Après deux romans plutôt faibles, Michael Connelly revient en force avec une intrigue judiciaire bien ficelée, accumulant les punchs dans les dernières pages !


Verdict du plomb.mp3